No comment

J'aime les filles de chez Castel
J'aime les filles de chez Régine
J'aime les filles qu'on voit dans "Elle"
J'aime les filles des magazines
J'aime les filles de chez Renault
J'aime les filles de chez Citroën
J'aime les filles des hauts fourneaux
J'aime les filles qui travaillent à la chaîne

Si vous êtes comme ça, téléphonez-moi
Si vous êtes comme ci, téléphonez-me

J'aime les filles qui radotent
J'aime les filles à papa
J'aime les filles rigolotes
J'aime les filles sans papa
J'aime les filles de Mégève
J'aime les filles de St-Tropez
J'aime les filles qui font la grève
J'aime les filles qui vont camper

Si vous êtes comme ça, téléphonez-moi
Si vous êtes comme ci, téléphonez-me

J'aime les filles de la Rochelle
J'aime les filles de Camaret
J'aime les filles intellectuelles
J'aime les filles qui me font marrer
J'aime les filles qui font vieille France
J'aime les filles des cinémas
J'aime les filles de l'assistance
J'aime les filles dans l'embarras

Si vous êtes comme ça, téléphonez-moi
Si vous êtes comme ci, téléphonez-me

# Posté le dimanche 04 janvier 2009 13:27

Inscription à la fac

Inscription à la fac
Absolution, amis lisants, à mon ciboulot flagada, iris n'ayant au matin dormi qu'un court laps, aussi oyons illico mon roman : pas plus tard qu'aujourd'hui, 17h, guidant mon pas gaillard au fort du magistral savoir, où m'introduisit, r. Victor Cousin, un fort jovial quidam, puis avançant l'air hardi dans un couloir déployant à l'infini son lino, j'arrivai à mon but, frappai trois fois à l'huis, nul bruit, nul "oui ?". "Fac à la con", murmura mon for ; j'insistai pourtant, on cria (grosso modo) : "trop tard". Maudit gong ! Plus qu'un jour, ou l'inscription moisira. Haïssant la nana (qui jouait au badminton, soit dit, car j'ouïs moult bruit prouvant l'affirmation), je n'avais plus grand choix : tu fuis, bibi, ou tu occis, choisis. Choisissant je filai, rappliquai à la maison. Dur dur au final...

# Posté le mercredi 22 octobre 2008 13:54

Modifié le mardi 04 novembre 2008 15:56

"Ah ! Baud'laire ! Baud'laire..."*

"Ah ! Baud'laire ! Baud'laire..."*
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Fleur du Mal

* B***

# Posté le mardi 07 octobre 2008 09:45

Et les lointains vers les gouffres cataractants

Et les lointains vers les gouffres cataractants
Les amis, je ne vous cache pas que je suis légèrement à la bourre, brama-t-elle en maniant l'euphémisme à la perfection. Aussi vais-je m'employer à occulter pour vous la vacuité de mon propos en remplaçant toute considération - quelque peu stérile soit dit en passant - que je pourrais être tentée d'émettre au sujet de l'appareil photographique par moi acquis il y a peu (ci-contre, Aemer découvrant la bête et pardonnez l'immonde tournure de phrase, c'est pas pire que Molière) par une citation de Pascal pêchée dans la bouillie fangeuse de son infâme blabla (chiasme phonétique) traitant entre autres réjouissances d'évidence et de démonstration* :

"Quelle nécessité y a-t-il, par exemple, d'expliquer ce qu'on entend par le mot homme? Ne sait-on pas assez quelle est la chose qu'on veut désigner par ce terme? Et quel avantage pensait nous procurer Platon, en disant que c'était un animal à deux jambes sans plumes? Comme si l'idée que j'en ai naturellement, et que je ne puis exprimer, n'était pas plus nette et plus sûre que celle qu'il me donne par son explication inutile et même ridicule; puisqu'un homme ne perd pas l'humanité en perdant les deux jambes, et qu'un chapon ne l'acquiert pas en perdant ses plumes."

D'où l'on constate, permettez cette nota bene in fine, que Pascal avait de l'humour et n'aimait pas Platon.

Bon boulot.

* De l'esprit géométrique et de l'art de persuader, 1657

# Posté le mardi 07 octobre 2008 09:35

C'est un démon, vous savez, ce n'est pas un homme

C'est un démon, vous savez, ce n'est pas un homme
Pavés froids en bas du monde l'enfer ceux qu'on étrangle dans leurs couvertures facile d'étrangler des couvertures c'est drôle j'ai les mains pleines de sang des bouts de cadavres que j'ai déchiquetés cuits rôtis dans l'intimité c'est comme l'amour passion mes yeux crever les yeux j'adore les petits yeux des enfants avec des fourchettes et quand ils grésillent sur les plaques électriques je les repasse bien laminés sandwich plaque fer c'est rigolo est-ce que ça grésille la peau chair os sur les plaques électriques peut-être oui je crois bien j'ai mis le doigt parfois par jeu expérience voir si ça grésille ça brûle même pas épiderme sec un peu jaune moins sensible quand on touche après pas agréable juste une seconde ça fait pas mal c'est quand même autre chose que de se trancher le poignet rigolo de se trancher le poignet sans y penser tchac on s'en souvient même plus après on se dit zut trop fort pas malin ça va se voir au bahut je les déteste trop heureux ces cons acheter un bracelet pour cacher douleur sourde pas génial quand ça cicatrise mais bon on n'est pas à ça près oh paris thérapie géographique tu parles aller loin ailleurs vite pitié changement je pleure j'ai peur pas mal le riz aux carottes j'ai chaud maintenant plus qu'une clope dans mon paquet va falloir y remédier vite jetée aux orties dis-donc mon abstinence conjoncturelle gerbant ça saigne quand j'ai chaud partout sur la jupe avec l'huile le basilic faudra refaire une machine bientôt jean préféré raide de saleté j'ai coupé la parole pas poli résistance à l'étiquette oblige mais bon je cède.

Pavés glaciaux donc je les aime tout petits plus facile à cacher dans les poubelles une fois qu'on les a tuétorturédétruits j'adore la faire pleurer je lui explique bien toute la procédure comme c'est simple de faire souffrir de tuer Montaigne aussi parait-il pensait enfin laissons Montaigne oui donc je disais pas très plausible si trop gros donc pas tenable comme hypothèse il a dit qu'elle était ravagée pas drôle ça l'a faite pleurer j'aime mieux que ce soit moi qui l'éreinte elle me dit de me taire pourtant elle sait qu'elle m'adore elle aime ma laideur la laideur tous les laids le lait aussi enfin bref passons rien à voir avec notre sujet si sujet il y a sans rire elle révère mon cynisme ça la fascine quoiqu'elle dise cette étrangeté douloureux certes tant mieux moi qui voulait décrire un peu quoi ça fait oui quoi ça fait elle peut pas le dire autrement bizarre folle mélange question pas question bref quoi ça fait donc chair grillée le laminage des chats et dans les micro-ondes rigolo ça prof d'histoire qui avait évoqué la chose jadis machine à laver aussi enfin tellement de moyens de faire souffrir elle déteste les cuisines et les salles de bains et ses doigts ses membres elle se voit tronc impotent oui plus de bras fauteuil roulant gaga et un flic derrière qui surveille qui surveille robot oui mieux un robot pas bête elle lisait Asimov petite c'était chouette ça pas encore timbrée à l'époque je crois ou peu bref Fondation La violence est le dernier refuge de l'incompétence elle l'a serinée celle-là mais elle préférait les histoires d'androïdes quand l'autre dinde en plastique tombe amoureuse à la fin du cycle rigolo et en même temps bizarre quoi elle aimait pas trop bof mouais robot amoureux non plutôt flic ah une escouade derrière elle indifférence des gens ça la tue trop facile regardez-moi elle se donne en spectacle imagine qu'on la trouve jolie et tourmentée très romanesque quelle conne et en même temps orgueil autodérision parait-il elle rit pour rien qu'est-ce qu'ils doivent me trouver bête je m'en fiche j'ai d'autres emmerdes putain oh et puis vulgaire en plus rien à cirer elle marche fume marrant sympa on pense à autre chose et non le pavé froid les trottoirs les seins oh des seins de fille quelque chose d'un peu normal plus gros que les miens j'adore mous glissants bref elle veut pas mourir facile sinon il faut que je téléphone plus qu'une cigarette encore ce soir j'étais là elle me hait elle me hait elle me hait un alien dans sa tête Sartre philo terminale je me souviens psychanalyse pas trop tôt putain François merci oh merci ô merci or massif sang caillé pas beau je veux pas mourir juré pas drôle j'aime la vie j'aime cette herbe cette terre et l'air oui André Tolstoï j'adore Dostoïevsky Nicolas qu'elle se fasse violer la petite voisine et qu'elle se pende rien à foutre horrible atroce dégueulasse j'ai pas pleuré j'ai pleuré de n'avoir pas pleuré Pennac merde dans la voiture j'ai pas compris trop naïve il s'est rien passé je l'ai cru peux pas mentir du coup mais en fait si mais pas pour ça oh et puis merde ça me réussit pas l'écriture automatique mourir non ça serait trop bête j'ai déjà coûté pas mal de pognon à l'Education Nationale très moche comme ça avec des majuscules mais bon première impulsion je garde c'est immonde je pensais pas qu'on était si liés parle salaud crevard soleil de mes deux je suis vulgaire et donc non pas de suicide pas bien j'ai eu peur quand ça s'est mis à couler on voyait les veines dessous noires les veines elle tremblait devant le lavabo je lui fais mal hideuse quand elle tord sa bouche on arrête.

# Posté le jeudi 18 septembre 2008 16:41

Modifié le mardi 07 octobre 2008 11:03