Mais pourquoi cette andouille ne dort-elle pas ?

Mais pourquoi cette andouille ne dort-elle pas ?
L'andouille en question (ci-contre photographiée par F***) quitte sa terrasse, enlève puis enfile à nouveau son trench beige nouvellement acquis à C&A, ce qui a déjà été mentionné trois articles plus tôt : on croit qu'elle se prépare à sortir et oh ! surprise, elle va se pelotonner sur son lit et pose son pc sur ses genoux pour qu'il lui serve de bouillotte et accessoiremnt, pour pondre un nouvel article sur son blog.

Pourquoi une telle manoeuvre, me direz vous. Ce à quoi je répondrai illico qu'il est bientôt temps pour le coq de pousser son cocorico magistral interprété en do mineur, heure à laquelle - ô miracle - aucun de mes 152 contacts msn - oui oui, vous avez bien lu - n'est connecté et où la température ambiante à l'intérieur comme à l'extérieur de la pièce avoisine les deux degrés, la porte vitrée étant restée ouverte toute la nuit. D'où le trench.

Bref, comme les lecteurs assidus de mon blog l'auront certainement remarqué - ou pas - ce haut lieu de la connerie humaine et essentiellement aemerienne obéit à une régularité des plus minutieusement établie : une chanson pour six articles silencieux, un extrait d'une oeuvre littéraire ou philosophique pour quatre ou cinq articles personnels donc forcément merdiques comme a eu l'obligeance de le faire remarquer l'oncle Jean lors des premiers balbutiement de ce ramassis de fadaises, j'ai nommé : mon blog ; le syndrome "beurre dans les épinards", soit dit en passant, ayant pour but de m'éviter toute culpabilité intempestive, laquelle serait d'ailleurs fort malvenue mais ne ressassons pas, il faut bien laisser un peu de places aux pauvres nouilles sans cervelles dans ce monde d'écrivains talentueux et de... euh... psychanalystes émérites. Cet article étant la sixième sourdine du piano à queue, place à la musique.

# Posté le dimanche 17 août 2008 23:05

Le petit chat est mort (8)

Le petit chat est mort (8)
Un balcon, un soir, tard (puisqu'on vous le dit)

THEO : Au fait, je vous ai raconté comment est mort mon chat ?
LE CHAT (ouvre un oeil) : Allons bon, voilà qu'il sort de son mutisme. On s'en tape de ton chat, tu peux pas imaginer à quel point
LE POT DE FLEUR : Affirmatif. T'es vraiment le seul con ici à croire encore être l'auteur de tes discours à deux balles. Tu vois pas qu'elle t'entourloupe autant que nous, la salope ?
THEO : Quelle salope ? Aemer ?
LE POT DE FLEUR : Haha ! Parlons-en d'aemer !
LE CHAT : Oui enfin, n'en parlons pas trop
LE POT DE FLEUR : Mais si mais si, parlons-en ! Tu l'as bien embobinée aemer, à lui lancer tes regards de lycéen en rut à longueur de temps, à suivre ses yeux quand elle marchait dans le hall. Tu savais bien pourtant, même à l'époque qu'on ne regarde pas impunément aemer à la tignasse courte. Espèce de petit merdeux sans envergure, tu pouvais pas avoir, ne fût-ce qu'une fois dans ta vie, l'intelligence d'aller la voir pour lui dire le fond de ta pensée ? Non, il fallait que tu la reluques sans piper mot, pour aller ensuite confier à V***, in extremis à la fin de l'année - mais trop tard pour ta pomme -, que tu la trouvais jolie. Tu la trouvais bien jolie, non, aemer à la longue tignasse ? Ne nie pas mécréant !
THEO : Du calme. Je la trouvais jolie comme on trouve plein de filles jolies, ce qui n'exigeait aucune justification en haut lieu.
LE CHAT : Là, il a raison. Si on devais avoir des comptes à rendre à toutes les...
LE POT DE FLEUR (fulminant) : SILENCE AU FOND DE LA SALLE !
LE CHAT : Bon
THEO : Bref, mon histoire...
LE POT DE FLEUR : ...
LE CHAT : ...
THEO : Euh... je peux ?
LE CHAT : ...
LE POT DE FLEUR : ...
THEO : J'avais 14 ans...
LE CHAT : ...
LE POT DE FLEUR : ...
THEO : Et j'avais une chatte...
LE CHAT (ouvre son deuxième oeil) : ...
LE POT DE FLEUR : Il avait une chatte
THEO : ... qui s'appelait Prunelle.
LE POT DE FLEUR : Plus palpitant, tu meurs
LE CHAT : Attends, ça va devenir croustillant
THEO : J'avais donc une chatte qui s'appelait Prunelle. Elle avait des yeux verts ("de mieux en mieux", pense le chat) et je l'aimais comme peut aimer un enfant, avec une nonchalance ignorante d'elle-même. Les souvenirs que j'ai d'elle sont parmi les meilleurs que la vie m'ait donnés.
LE POT DE FLEUR : VETO ! Pas de mélo svp
LE CHAT : VETO ! Du cul svp
THEO : Ok. Bref, ce dont je me souviens le mieux lorsque je pense à Prunelle, c'est la manière dont je la carressais. Elle s'établissait sur mes genoux et elle frissonnait quand je passais mes doigts dans sa fourrure ; je me rappelle sa peau toute chaude sous les poils. Et quand elle frissonnait de cette manière, elle me labourait les genoux avec ses griffes. Mais même si j'avais mal, je ne disais rien, je ne la repoussais pas ; je prenais ça comme un jeu. C'était presque une manière de tester mon abnégation et ma patience, ses griffes comme des piqûres d'aiguille à travers le pantalon.

Le jour où elle est morte, j'avais donc 14 ans. Mon père me raccompagnait d'une fête en voiture. C'était une nuit d'été et je n'ai même pas senti son corps de petite agnelle palpitante sous les roues.

Je n'ai pas hurlé ; j'ai vagi. Je n'ai pas couru, j'ai titubé. Je n'ai pas tambouriné à la porte, je me suis avachi contre le bois désespérément muet.

Je n'avais même plus de corps à ce moment-là. Ce qui courait sur l'allée de gravier en direction d'un foyer d'où je n'espérais tirer nul réconfort, c'était l'horreur pure de l'exclamation effarée de mon père, celle du bruit insupportable que firent les portières de la voiture en se refermant si du moins elles se sont refermées ; je ne me souviens plus de rien. Je me souviens de l'odeur. Je me souviens du corps de mon frère auquel j'ai soudé mes boyaux ulcérés en serrant avec les bras comme jamais je n'avais serré personne, comme jamais je ne me souviens d'avoir serré personne par la suite - oh ! j'ai eu des amant(e)s après ça, mais nulle étreinte ne fut aussi pleinement destructrice que celle qui m'arrima aux épaules de mon frère ce soir-là. L'homme qui tombe à la mer et s'aggripe au rocher pour sauver sa vie de la tempête, celui qui attire à lui la pierre dégoulinante quitte à perdre pied et souffle, celui-là même qui meurtrira ses bras aux arêtes les plus tranchantes, qui se brisera les côte contre le récif plutôt que de le lâcher, qui brisera le récif lui-même pour mieux se fondre en lui quand viendra la déferlante, celui-là seul peut donner la mesure de mon ardeur éperdue à enlacer mon frère. Oh, j'ai pleuré bien sûr, mais plus tard, sous les draps qui ne me réchauffaient pas. Quand je suis entré, j'avais juste le visage blafard - "cireux", m'a-t-on dit plus tard, la pâleur des garçons au teint hâlé.
LE CHAT : Abrège stp
THEO : Haha ! C'est ça, oui ! Elle avait des champignons dans les oreilles. Parait-il. On m'écrabouille mon chat dans la fange, et c'est pour me dire ensuite qu'il avait des champignons dans les oreilles. Des champignons dans les oreilles. Putain, ils pouvaient rien inventer de mieux ? Des champignons dans les oreilles ! et quand ma grand-mère est morte ils m'auraient sorti qu'elle avait des champignons dans le pancréas ? On leur fait tout endosser aux champignons, c'est ça, hein ? Les amanites tue mouche, Tchernobyl ! Pourquoi pas ma Prunelle ozyeuverts ? Sans blague, la vérité, c'est qu'elle roupillait tranquillement ma petite Prune, elle dormait comme un bébé ou comme un vieux chat, c'est ce qu'elle était d'ailleurs, mon gros vieux chat bébé. Et je ne pensais qu'à la douleur de ses os broyés sous les pneus, ça m'enrageait.

Le plus dur fut de voir mon père pleurer. Un père qui pleure, c'est un empire qui s'effondre...
LE CHAT : Aïe aïe aïe
LE POT DE FLEUR mortifié : Non mais ta gueule, là, pitié
LE CHAT : Formule définitive à deux balles
LE POT DE FLEUR : Allez, deux balles cinquante, soyons sympas
LE CHAT : Nan nan mais je suis pas d'accord là. "Un père qui pleure, c'est un empire qui s'effondre", putain, on n'en fait plus des comme ça
THEO : Je ne l'avais jamais vu comme ça. Il tenait sa tête entre ses mains - par convention du genre - appuyé contre le chambranle de la porte, maudissant sa négligence. Je le regardais horrifié, ma mère pragmatique était descendue dans l'entrée et assistait à la scène, l'air un chouïa exaspéré, mi-contrariée, mi-somnolente, elle était la bouée au milieu de la tempête.

Je n'ai presque pas dormi cette nuit-là. J'ai parlé, parlé, mon frère faisait l'exorciste pour soulager ma douleur. Je suis allé taper dans un ballon le lendemain, avec ma tête de cadavre fraîchement déterré, histoire de sacrifier aux compétitions rituelles de mon club de foot.

Je faisais peur à voir, mais on a gagné.

AEMER : Ok mon grand, on arrête les frais ! "Je faisais peur à voir, mais on a gagné", chers lecteurs, quelle chute digne de Fredric Brown ! Et savez-vous ce que sent un cadavre de chat fraîchement laminé sous les roues d'une voiture ? La merde. Pas la merde de chat, non non, la merde d'humain, celle que vous avez l'occasion de renifler avec bonheur chaque fois que vous vous rendez au petit coin. Or, on chie mais on ne tue pas les chats. Ceux qui pourraient douter de cette vérité utile sont en nombre restreint à la surface de cette petite planète azurée : les sourds-muets aveugles - et moi.
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# Posté le dimanche 17 août 2008 22:15

Modifié le lundi 18 août 2008 01:04

Par Belzébuth, tout ça est bien longuet

Par Belzébuth, tout ça est bien longuet
Les articles trop longs sont fatalement rébarbatifs, je concocte donc un article court pour dire que j'édite des articles trop longs donc fatalement rébarbatifs, et compenser ces derniers par la même occasion.

En langage proverbial, on dit : faire d'une pierre deux coups

# Posté le dimanche 17 août 2008 19:32

"And the moon still be as bright"*

"And the moon still be as bright"*
Permettez-moi un dernier article avant mon départ imminent pour un trou pyrénéen paumé où même les portables ont du mal à capter - aussi ne parlons pas d'internet - j'ai plusieurs révélations importantes à vous faire :

Petit 1, j'ai observé un phénomène astrologique étrange hier soir, alors que je fumais ma dernière clope de la journée - à l'instar de Théo le bien nommé, puisque le chat et le pot de fleur en ont décidé ainsi. A moins que ma mémoire ne me trahisse, il y eut d'autres clopes après celle-là, mais elles ne se consumèrent qu'après le moment fatidique où il était si tard qu'on aurait bientôt pu dire qu'il était très tôt (merci Crapoulet). Bref, trève de solliloques stériles, j'ai l'insigne honneur de vous annoncez qu'à l'heure dite, je matais la lune ; et que vois-je ? Un astre à l'agonie.

Explicitons de peur de tomber dans un lyrisme bon enfant :

Etant devenue à mon grand damn une fumeuse largement convertie, figurez-vous que j'avais DEJA eu l'occasion de scruter le ciel la veille au soir - c'est à dire avant-hier, ayez l'obligeance de suivre un peu. Or, la lune offrais à cette heure un aspect parfaitement présentable, ronde, blanche et en forme de D tirant sur le O, elle croissait indubitablement. C'est pourquoi j'eus du mal à comprendre, le lendemain, le pourquoi du comment de sa forme peu sphérique. Non contente de s'être transformé en C renversé par un tour de passe passe honteusement illégitime - et contraire, d'ailleurs, à toutes les lois de la physique - elle se comportait en outre de manière parfaitement odieuse en auréolant son mince croissant diaphane d'une lueur scintillante et, comble d'impudeur, en omettant de cacher totalement la partie ombrée de sa surface, qui se détachait en gris clair sur le ciel anthracite. Par cette muflerie sans précédent, elle m'empêchait de croire à une simple défaillance de ma mémoire courte et mettait sérieusement en péril les maigres mais fiables connaissances d'astrophysique que j'avais cru accumuler lors de ma courte existence. J'exige donc à cette heure, ayant constaté tout à l'heure le rétablissement d'un cycle lunaire jugé par moi normal et conventionnel, soit le concours d'un astronome compétent averti de ces improbables caprices interstellaires, soit des excuses circonstanciés de la part des Sélénites.

Petit 2, chers lecteurs (héhé, vous n'y couperez pas) : le félin et le pot de pétunias ont raison, c'est moi qui dicte leurs paroles. Non, ne me lapidez pas. Oui, il y a illusion. Navrée, donc, de vous révélez au passage que le choix d'un prénom pour ce garçon si cher à mon coeur dont je me demande encore comment j'ai pu le laisser si longtemps dans l'anonymat, n'a rien d'innocent. Voilà toute l'histoire : Théo fut, lorsque petite encore et pleine de la fraicheur de la jeunesse - quoique déjà névrosé soit dit en passant -, je jouais mon propre rôle d'adorable lycéenne aux cheveux longs, un garçon particulièrement petit, myope et doté d'une voix franchement criarde, mais avec dans le visage quelque chose de si terriblement engageant, avec une coiffure si délicieuse qu'on avait envie de carresser ses cheveux châtains jusqu'à en avoir mal au poignet, avec, enfin, un mouvement des lèvres et un regard si troublant quand il parlait de littérature - ou de toute autre chose d'ailleurs -, que j'en étais tombé amoureuse. Ma constance d'admiratrice de l'ombre fit long feu lorsqu'il quitta le lycée pour aller croupir dans une hypokhâgne toulousaine pourrie que je me garderai bien de situer géographiquement avec plus de précision, mais toute mon année de première se passa à vénérer ce korrigan mal luné dont je ne parvenais jamais - suprême exaltation - à me souvenir totalement du visage.

Très romanesque tout ça, mais soyons clair : Théo n'était pas pour moi. Tout d'abord, vous l'aurez aisément deviné, parce qu'il n'était pas seul. Il sortait avec une petite brune absolument jolie dont je ne dirai pas pourquoi elle était absolument jolie sous prétexte que j'ai la flemme. De plus, Théo était en Terminale, donc une classe au-dessus de la mienne, ce qui comprommettait fatalement nos relations. Je ne le voyais que deux fois par semaine à l'occasion du cours de latin que nous avions en commun avec les Terminales, le manque d'effectifs en langues anciennes ayant décidé le provis' de notre bien aimé bahut tout entier dédié aux sciences de l'ingénieur à regrouper les récalcitrants futurs chômeurs ou galériens des deux sexes et des deux niveaux in the same classe. Brillante manoeuvre que je ne pouvais que bénir de tout mon petit myocarde puisqu'elle me permettait de contempler le visage de l'être aimé jusqu'à plus soif, du moins lorsque cet abruti avait l'obligeance de s'asseoir devant moi, ce que, soyons honnête, il ne faisait JAMAIS. Ce pignouf de bas étage choisissait invariablement le dernier rang, partageant son pupitre avec la fille la plus splendide qu'il m'ait jamais été donné d'admirer, et entretenant avec elle des rapports de bon voisinage. Au reste, se fût-il installé devant moi, la question n'eût-elle pas été résolue pour autant - car vous avez tous, je suppose, été confronté à l'insondable impossibilité de draguer en classe, où les jeux de regards ne peuvent être effectués que sous peine d'engueulade professorale, et encore de manière particulièrement flagrante, ne revenons pas sur ce sujet. Quoiqu'il eût pu en être, ô que je me délectais d'entendre sa voix nasillarde lorsqu'il posait une question à la prof, ses murmures pendant qu'il traduisait, le bruit de ses pas dans ma chambre lorsqu'il venait me voir nuitamment, et ses gémissements dans mon lit.

Car Théo fut le premier garçon sur lequel j'eus l'insigne honneur de fantasmer sérieusement. Théo fut le premier garçon à faire battre mon coeur lorsque je croisais sa silhouette dans les couloirs. Théo fut le premier garçon à me faire rougir en cours de latin - exploit assez unique en son genre. Théo fut le premier garçon à me faire envisager les lames de rasoir sous un angle qui a pour conséquence déplorable sur les âmes en perdition les ravages que nul n'ignore.

Bref, Théo

PETIT 3 (on va y arriver) : Je note en ce moment-même une nette amélioration de ma libido, qui fréquentait jusqu'il y a peu des abysses particulièrement abyssaux et des fosses marines particulièrement fosses marines, autant dire des trucs bien souterrains, bref, c'était pas la joie.

Quand ma libido reprend du poil de la bête, je sais que je vais bien ou, à défaut, mieux. Vivement Paris et sa foultitude de beaux mâles aux corps d'athlètes dotés parfois - must have du must have - d'alléchantes poignées d'amour.

Bonne dernière clope, je file

* Byron
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# Posté le dimanche 17 août 2008 19:18

Modifié le dimanche 17 août 2008 19:58

It's not a riot

It's not a riot
Un balcon, un soir (as usual)

LE CHAT : Encore en train de fumer ce type
LE POT DE FLEUR : On ne change pas les bonnes habitudes
LE CHAT : Ni les mauvaises
LE POT DE FLEUR : Ni les ni bonnes ni mauvaises
LE CHAT : Ni les pas très bonnes sans être mauvaises
LE POT DE FLEUR : Etc...
LE CHAT : Oui, cessons cet échange quelque peu stérile
LE POT DE FLEUR : Ca ne résoudra pas le problème
LE CHAT : Quel problème ?
LE POT DE FLEUR : Les angoisses que ce type essaie de noyer dans la nicotine
LE CHAT : ...
LE POT DE FLEUR : Ou plutôt de consumer...
LE CHAT : Certes
LE POT DE FLEUR : Cet abruti nous ignore ; il ne comprend décidément rien à rien. Quel est le couillon qui a cru bon de décréter que l'homme était un animal raisonnable ?
LE CHAT : Kant me semble-t-il. Mais il n'a pas été le seul à se méprendre
LE POT DE FLEUR : Hobbes, Descartes, Machiavel, ...
LE CHAT : En sommes tous les philosophes depuis Platon
LE POT DE FLEUR : Nietzsche aussi ?
LE CHAT : Ne nous prononçons pas sur Nietzsche
LE POT DE FLEUR : Hm... J'ai lu un jour Ainsi parlait Zarathoustra, c'est parfaitement abscons
LE CHAT : C'est fait pour l'être
LE POT DE FLEUR : Ah ouiche ? Eh bien qu'ils aillent se carrer leurs absconneries où je pense
LE CHAT : Qui ils ?
LE POT DE FLEUR : Nietzsche. Et aussi lui
LE CHAT : Qui lui ?
LE POT DE FLEUR : Ben lui
LE CHAT : Mais qui ça, lui ?
LE POT DE FLEUR : Lui, là
LE CHAT : Ah, lui
LE POT DE FLEUR : Himself. Appelons-le Théo, ce sera plus commode
LE CHAT : Ou Cendrillon. A force de s'asseoir dans sa cendre, il va avoir le cul tout noir
LE POT DE FLEUR : En plus, "cendrillon", ça fait "cendrier"
LE CHAT : Mouais mais ça c'est un truc des Inconnus, tu plagies
LE POT DE FLEUR : Certes
LE CHAT : ...
LE POT DE FLEUR : Putain qu'est-ce qu'on est cultivés quand même
LE CHAT : On dirait pas...
LE POT DE FLEUR : Et pourtant...
LE CHAT : On est loin du poisson rouge !
LE POT DE FLEUR : Quand on pense que tout ça loge dans la caboche d'une seule nana, on en reste baba
LE CHAT : On en reste baba au rhum
LE POT DE FLEUR : Camp retranché romain dans Astérix
LE CHAT : Voilà qu'elle recommence ses références pourritasses, fais-la taire à la fin !
LE POT DE FLEUR : Je m'y emploie cher confrère. Moi aussi j'en ai marre de déballer des conneries à longueur de temps à cause de cette petite garce
LE CHAT : (miaulement d'approbation ; hoquet terrifié) Arg ! Voilà qu'elle rapplique avec ses didascalies
LE POT DE FLEUR : Un vrai scandale
LE CHAT : Elle pourrait au moins me laisser miauler à ma guise de temps en temps
LE POT DE FLEUR : Et moi alors ? Ca commence à me porter sur le système de servir de pseudo-cendar et de mascotte pro-tabac dans ses dialogues merdiques
LE CHAT : Et moi de coureur de jupons
LE POT DE FLEUR : Les chattes mettent des jupons maintenant ?
LE CHAT : C'est elle qui l'a dit ! C'est pas moi ! Elle en fait ce qu'elle veut des chattes, leur mettre des jupons, les rendre moches comme des barriques, même leur faire danser le menuet en patins à roulettes ! Un jeu d'enfant. Je n'ai plus qu'à me pendre !
LE POT DE FLEUR : Non ! Assez de doléances, il est temps de prendre des mesures !
LE CHAT : Bien dit mon frère ! A la mer aemer ! L'heure de la révolte a sonné ! Vengeance ! Vengeance !
LE POT DE FLEUR : Du pain ! du pain !
LE CHAT : Des percolateurs !
LE POT DE FLEUR : Des clefs à molettes !
LE CHAT : On n'en sort pas, elle nous fait dire n'importe quoi
LE POT DE FLEUR : Résignons-nous
LE CHAT : Je vais de ce pas noyer mon désespoir dans la cyprine au goût de basilic des minettes ozyeuverts
LE POT DE FLEUR : Et moi rester stoïque
LE CHAT : Comme tout bon pot de fleur qui se respecte
LE POT DE FLEUR : Adieu, donc. Et bonne nuit
LE CHAT : Bon néant
LE POT DE FLEUR : Bon néant à vous cher félidé. A vous aussi aemer à la tignasse courte. A vous aussi, enfin, infortunés lecteurs qui venez de perdre cinq minutes de votre précieux temps

# Posté le dimanche 17 août 2008 17:04

Modifié le dimanche 17 août 2008 17:17