Ca c'est dit.
Changeons de sujet illico, lecteurs de mon coeur. Une petite question en guise d'entrée en matière : connaissez-vous des garçons gentils ? J'en connais, et pas des moindres. J***, G*** et M*** pour ne citer qu'eux, sont, chacun dans un style qui lui est propre, trois brillants archétypes de l'idée platonicienne du garçon gentil. Confrontée à tant d'altruisme, je ne puis, par la même occasion, m'empêcher de l'être également au doute radical. Je m'explique : si chaque homo sapiens sapiens mâle de mon entourages se révèle être une perle de commisération, OU sont donc les boulets, les lourdauds, les insupportables casse-pieds dont on chante chaque jour les glorieux ravages ? J'en viens à douter de l'existence de ces monstres velus, ai-je tort ?
Eléments de réponse : un garçon gentil n'est pas parfait pour autant, et c'est la perception erronée que nous avons de ses défauts qui nous les fait prendre pour des malignités de son caractère (merci au passage à Epictète et au grand maître boudhiste Thich Nath Hahn). Considérons sans plus attendre le susnommé J***, beau spécimen d'1,60m et des poussières au garot : face à ce phénomène, force est de constater que toute confrontation avec le number one de ma courte liste nécessite une petite préparation psychologique : n'espérez pas par exemple, en tête à tête avec J***, parler d'autre chose que des soirées qu'il passa à écluser des bouteilles de vodka tout en fumant pétard sur pétard avec ses potes, des stages de musique forcément géniaux dont l'échéance trop courte le laissa fatalement "en bad" (comprenez "nostalgique" en ancien français), éventuellement du répertoire d'un grand compositeur classique au sujet duquel vous - moi - ne connaissez absolument RIEN, bref, vous voyez le tableau.
De la même manière, M*** ne s'extirpera qu'avec peine de la triple thématique litté-philo-ciné tout en vous étouffant sans vergogne de son optimisme inaltérable et plein d'insolence. Quand à G***, les jeux de rôles étant son dada, préparez-vous au pire en serrant les quenottes, sortez un bon DVD au moment propice, et zyeutez de conserve la petite merveille qui garantira votre tranquilité immédiate, quiétude dont vous serez éternellement redevable aux frères Lumières. J*** vous endort un peu ? Qu'à cela ne tienne, les baisers clouent le bec aux somnifères sur pattes. Reste M*** (le maudit), qui pour des raisons ici purement matérielles, là plus ou moins éthiques, reste réfractaire aux deux méthodes susdites, et à qui il arrive - suprême horreur - de SE TAIRE et de REGARDER. Grave infractions au règles de la prudence, ô M*** aimé de M*** ; on ne regarde pas impunément aemer à la tignasse courte. Aemer à la tignasse courte se fait des idées quand on s'avise de la regarder avec trop d'insistance, et même sans insistance, et même avec la plus parfaite indifférence. Be careful.
Ne croyez pas pour autant que mes dilemnes sentimentaux aient à cette heure plus d'importance pour moi que le quart du poil du mollet de la fourmi** qui colonisa mon paquet de biscuits sur le camping d'A*** en Ré. J'ai d'autres emmerdes.
Bonjour, il est 6h.
* piqué dans Madame Bovary (Flaubert)
** emprunté à Raoul Cauvin, scénariste des Tuniques bleues


