"Choses absurdes en elles-mêmes, et complètement opposées d'ailleurs à toutes les lois de la physique"*

"Choses absurdes en elles-mêmes, et complètement opposées d'ailleurs à toutes les lois de la physique"*
'Tain - comme on dit de par chez nous - chers lecteurs adorables quoique lassés, pardonnez cette nuit d'insomnie passée à déambuler du lit à la fenêtre puis du lit au fauteuil (8) et puis du lit au... pc, mais croyez que si j'ai le malheur de devenir célèbre un jour, les biographes qui s'attelleront à mon cas comme l'impassible ruminant à la charrue qu'il traine auront certes fort à faire, pour peu du moins qu'ils aient l'intention de se servir de la documentation que je ne manquerai pas de leur laisser en héritage. Cinq ans, ni plus ni moins, que je consigne chaque heure de ma médiocre existence avec l'inébranlable constance que je crois nécessaire à ma survie ici-bas : ça commence à faire beaucoup. Les malheureux qui se frotteront à cet imbroglio sordide auront outre l'ennui d'une lecture peu palpitante l'ineffable loisir de se retrouver confrontés à une perplexité grandissante née de leurs petites cervelles aguerries, peinant à comprendre ne fût-ce que la possibilité d'une vie aussi soporifiquement léthargique.

Ca c'est dit.

Changeons de sujet illico, lecteurs de mon coeur. Une petite question en guise d'entrée en matière : connaissez-vous des garçons gentils ? J'en connais, et pas des moindres. J***, G*** et M*** pour ne citer qu'eux, sont, chacun dans un style qui lui est propre, trois brillants archétypes de l'idée platonicienne du garçon gentil. Confrontée à tant d'altruisme, je ne puis, par la même occasion, m'empêcher de l'être également au doute radical. Je m'explique : si chaque homo sapiens sapiens mâle de mon entourages se révèle être une perle de commisération, OU sont donc les boulets, les lourdauds, les insupportables casse-pieds dont on chante chaque jour les glorieux ravages ? J'en viens à douter de l'existence de ces monstres velus, ai-je tort ?

Eléments de réponse : un garçon gentil n'est pas parfait pour autant, et c'est la perception erronée que nous avons de ses défauts qui nous les fait prendre pour des malignités de son caractère (merci au passage à Epictète et au grand maître boudhiste Thich Nath Hahn). Considérons sans plus attendre le susnommé J***, beau spécimen d'1,60m et des poussières au garot : face à ce phénomène, force est de constater que toute confrontation avec le number one de ma courte liste nécessite une petite préparation psychologique : n'espérez pas par exemple, en tête à tête avec J***, parler d'autre chose que des soirées qu'il passa à écluser des bouteilles de vodka tout en fumant pétard sur pétard avec ses potes, des stages de musique forcément géniaux dont l'échéance trop courte le laissa fatalement "en bad" (comprenez "nostalgique" en ancien français), éventuellement du répertoire d'un grand compositeur classique au sujet duquel vous - moi - ne connaissez absolument RIEN, bref, vous voyez le tableau.

De la même manière, M*** ne s'extirpera qu'avec peine de la triple thématique litté-philo-ciné tout en vous étouffant sans vergogne de son optimisme inaltérable et plein d'insolence. Quand à G***, les jeux de rôles étant son dada, préparez-vous au pire en serrant les quenottes, sortez un bon DVD au moment propice, et zyeutez de conserve la petite merveille qui garantira votre tranquilité immédiate, quiétude dont vous serez éternellement redevable aux frères Lumières. J*** vous endort un peu ? Qu'à cela ne tienne, les baisers clouent le bec aux somnifères sur pattes. Reste M*** (le maudit), qui pour des raisons ici purement matérielles, là plus ou moins éthiques, reste réfractaire aux deux méthodes susdites, et à qui il arrive - suprême horreur - de SE TAIRE et de REGARDER. Grave infractions au règles de la prudence, ô M*** aimé de M*** ; on ne regarde pas impunément aemer à la tignasse courte. Aemer à la tignasse courte se fait des idées quand on s'avise de la regarder avec trop d'insistance, et même sans insistance, et même avec la plus parfaite indifférence. Be careful.

Ne croyez pas pour autant que mes dilemnes sentimentaux aient à cette heure plus d'importance pour moi que le quart du poil du mollet de la fourmi** qui colonisa mon paquet de biscuits sur le camping d'A*** en Ré. J'ai d'autres emmerdes.

Bonjour, il est 6h.

* piqué dans Madame Bovary (Flaubert)
** emprunté à Raoul Cauvin, scénariste des Tuniques bleues

# Posté le jeudi 14 août 2008 00:01

Modifié le samedi 16 août 2008 17:30

La fille sous la dunette

La fille sous la dunette
Mes activités nocturnes se limitant rarement à un sommeil réparateur - occupation pourtant salutaire s'il en fut -, j'ai tendance à passer mes veillées à lire et à fumer, en l'occurence des Chesterfield roulées et une fiction de Philip Roth - Le complot contre l'Amérique - empruntant son contexte à la Seconde Guerre Mondiale tout en modifiant allègrement les évènements fondateurs de l'avant guerre, j'ai cité - rien que ça - l'élection de l'antisémite Lindberg aux élections présidentielles à la place du Roosevelt qu'on sait, alias FDR pour les intimes (Franklin Delano Roosevelt ndlr). Bref, comme tout ceci est loin de follement m'enthousiasmer, je me suis rabattue après une soixantaine de pages sur THE BD du siècle, à savoir le cycle cultissime des Passagers du vent de Bourgeon, dont je me propose de vous offrir sur un plateau quelques lignes témoignant de la virtuosité des dialogues, ainsi que la couverture ci-contre au sujet de laquelle l'adjectif "vertigineux" me parait plus qu'approprié.

HOEL : Vous vous jouez de moi Mademoiselle ; vos habits de sont pas assortis aux hardes du matelot.
ISA : Si mes habits te gênent, je peux les ôter. Nous pouvons bien nous offrir un peu de détente, non ?
HOEL : ...
ISA : Où as-tu appris à parler comme ça ? La plupart de tes pays baragouinent difficilement quelques mots de français.
HOEL : A l'orphelinat, il était interdit de parler breton.
ISA : Et à l'orphelinat on ne t'a pas appris à te déshabiller tout seul ?
HOEL : Tu es pire que le diable !
ISA : Ben tiens ! Un beau monsieur poudré pousse un pauvre type à t'assassiner ; tu te découvres devant lui et l'appelles "Monsieur le commandant". Mais qu'une brave fille te propose d'échanger un peu de tendresse : c'est un supôt de Satan !
HOEL : ...
ISA : Ah ! Ils ne t'ont pas loupé les bons pères ! Tu sais ce qu'ils ont fait de toi ? Un larbin ad vitam aeternam, un brave garçon qui se fera hacher menu pour défendre ses bons maîtres ; un dévoué petit mâle qui ne se laisse pas piéger par ces foutues femelles capables de tout, y compris de donner le goût de vivre à de la chair à canon !
HOEL : ...
ISA : Alors, jeune con, je me rhabille ?


A lire avec les images, bien sûr, ce qui vous permettra au passage de connaître le fin mot de l'histoire. Sur ce...

# Posté le mercredi 13 août 2008 21:32

"Tu ressembles à un cadavre"

"Tu ressembles à un cadavre"
Comme l'a si justement diagnostiqué aimez-v0us-brahms? (note le rétablissement virtuose de la ponctuation censurée par sky), ex steak-frites, mon blog ressemble à un cimetière - ou plutôt à une morgue si vous voulez mon humble avis. Il pleut des articles morbidasses à souhait, j'ai mes raisons, et ayez l'obligeance de noter l'asyndète au passage svp.

J'ai pris rendez-vous avez mon homéopathe le 25 août, jour béni des dieux lors duquel ma santé mentale en perdition passera entre les mains des guérisseurs d'âme aux larges épaules. A leur pionnier, F*** le subtil, j'érigerai une statue totémique en bronze dankbarement intitulée Je-te-dois-mon-bonheur, laquelle prendra place au deuxième étage du 12, rue M*** à Paris et sera à toute heure copieusement vénérée, j'en donne ma parole de future ex khâgneuse. (F*** même s'il y a peu de chance que tu me lises un jour, évite de m'en vouloir si je me contente de coller un poster de Sean Bean sur le mur, l'interprète sublimissime de Boromir dans le SdA et sosie presque parfait de ton jeune toi - si si - fera parfaitement l'affaire en totem de papier).

Chers lecteurs quasi inexistants, je doute que ce laïus vous paraisse clair. Sachez pour l'anecdote que je suis allée m'acheter des fringues aujourd'hui, en cette période post-soldes théoriquement peu propice aux bonnes affaires. Or le magasin C&A de L*** - pub gratuite - tentant contre vents et marées d'attirer à lui le boulimique client comme la faim rameute les loups voraces autour du mouton égaré, continue allègrement de faire des réduc', j'ai cité 50% de ristourne sur le troisième article acheté. Concernant cette alléchante économie, quelques petits problèmes de proportions me semblent rester encore à résoudre, genre si on achète une culotte et trois paires de chaussettes, est-ce qu'on peut se taper le manteau en vison à -50, mais l'intérêt d'une telle question étant limité et C&A ne proposant de toute façon pas ce type d'effet, j'ai rapidement abandonné les recherches et je vous conseille de m'imiter. Bref, je me suis procuré un trench beige.

Il est temps que je lise W.

Bon appétit !

# Posté le mercredi 13 août 2008 16:24

Modifié le jeudi 14 août 2008 18:38

La chanson des vieux amants

Bien sûr nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour c'est l'amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête

Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime

Moi je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes

Oh mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime

Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l'eau
Mais c'est toujours la tendre guerre

Oh mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime

# Posté le samedi 02 août 2008 19:23

Comme ça ne fait de mal à personne d'être futile...

Comme ça ne fait de mal à personne d'être futile...
... et que c'est même parfois nécessaire, je vais faire une liste des garçons que je trouve beaux en ces lieux bloguiens, laquelle liste risque de s'allonger démesurément au fil des mises à jour ; lectrice avertie, appréciez mes goûts raffinés :

Anthony Perkins dans Psychose
Fabrice Luchini
Jean-Pierre Léaud dans Masculin Féminin
Johnny Depp (grand classique)
Robert Redford
Leonardo Dicaprio dans Titanic
Sean Bean
Sean Connery vieux
Ewan McGregor
Hayden Christensen (dans un style certes un peu féminin)
Brad Pitt
Nino Manfredi dans Nous nous sommes tant aimés
Eric Bana dans Troie
Vigo Mortensen
Tobey McGuire
James Franco dans Spiderman (surtout le premier)
Christian Slater dans Le nom de la rose
Matthieu Kassovitz
Jean-Baptiste Maunier dans les Choristes
Christopher Walken
T***
Tony Leung Ka Fai dans L'amant
Koji Yakusho
Ulrich Thomsen dans Festen
Gbatokai Dakinah dans Festen itou
Ioan Gruffudd dans Titanic
Jonathan Phillips dans Titanic
Ewan Stewart dans Titanic (désolée mais les officiers de marine de ce navet hollywoodien sont tous à tomber à la renverse, qu'y puis-je ?)
Al Pacino dans le Parrain
Tom Cruise
Pierce Brosnan
A***
Louis Garrel dans Les chansons d'amour
Charles Berling dans Ridicule
David Beckham
Romain Duris
Andy Garcia
Ulrich Mühe
D***
...

NB : dur dur d'illustrer l'article, comme vous pouvez l'imaginez ; si la photo vous laisse coite, il existe cette onomatopée facile à émettre et somme toute assez explicite en la circonstance : "agaga"

Bonne nuit et bons fantasmes

# Posté le samedi 02 août 2008 18:11

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 13:56