Et la lune toujours absente

Et la lune toujours absente
LE TYPE : Je me suis toujours posé la question : est-ce qu'on peut décider de se suicider par souci d'utilité publique ? Non, c'est pas une blague, ça m'interpelle... Chaque fou psychopathe, chaque tueur en série doit finir par buter sur cette évidence qui le prend à la gorge : on n'a pas le droit de vivre si c'est pour... Aaaah ! Et l'autre Bébert qui se marre dans son coin quand... Ouais, l'odeur, on sait. Merci Nicolas. Le coing, pas le coin, rajouter un g en douce pour faire rire ou parce qu'on s'emmerde, on connait la chanson putain. Et l'autre qui... Hahaha ! Tenez, soyez sympa, arrachez-moi le cerveau, lobe après lobe, qu'on n'en parle plus.

Enfin bref, où en étais-je ?

Ouais, peu importe. Tu te marres comme un con parce que je suis seul, imbécile, mais on fait comment pour dire à ses amis qu'on imagine des chats carbonisés dans un four électrique, des membres éparpillés sur les plaques chauffantes, des nourrissons grillés au fer, comme bouillis déjà avant la torture, dans leur peau fine et vermeille de petit bout d'Humanité ? Je suis supposé faire comment bordel de merde ?

Le chat se casse ; je lui ai fait peur, c'est malin !

Et toi, pot de fleur, qu'est-ce que t'en penses ? Rien, hein ? Tu t'en fous toi ; on peut arracher à ta chaleur douillette toutes les corolles qui s'arrimèrent à ta terre noire, chaque rose et chaque bleuet que tu enfantas, on peut dérober tes iris par poignées, te vider de tes tripes en rhizomes et te remplir de cendres, tu t'en tapes royalement. Même, ça te fait rire ; tu restes immobile et goguenard, comme un con satisfait. Devrais-je crever devant toi que tu ne lèverais pas le petit doigt. Pas de petit doigt à remuer quand on crève. Dieu de miséricorde, changez-moi en pot de fleur.

Mais dis-moi ce que tu ferais à ma place. Est-ce qu'on trouve des remèdes à l'horreur quand l'horreur devient son propre remède ? J'ai séché mes larmes dans les cheveux des filles et contre la chemise des garçons, mais aucune fille n'a les hanches assez solides pour s'arrimer au poids de ma douleur, ni aucun garçon les épaules assez larges. Alors tu cherches encore, au hasard des détours, sur les chemins qui grisent l'envie de s'échiner encore. Et quand tu arrives au bout de la route la plus longue, tu vois Atlas qui porte le monde entier entre ses omoplates, et il te rit au nez en voyant ton chagrin, il dit qu'il porterait dix Terres, cent Terres, l'univers entier coincé le long de son échine robuste, plutôt que d'accepter ton fardeau empoisonné. Et la déesse mère dont les membres gigantesques s'étalent à l'infini entre les montagnes aux troupeaux gras, qui étire ses jambes lisses et molles jusqu'au fond des océans les plus vertigineux, tu crois vraiment qu'elle acceptera de s'écraser le coeur en posant ta tête lourde entre ses seins remplis de lait ? Même le Tartare ne voudra pas de toi quand, résigné à souffrir encore un peu, tu iras implorer à genoux les pires supplices d'un millier d'enfers réunis, et que les dieux horrifiés refuseront d'une main molle en cachant leur visage. Ah, je suis fou !

LE CHAT (calin) : Miaou (il se frotte avec passion contre la joue rugueuse du type)

LE POT DE FLEUR (pragmatique) : Un conseil mon grand : calme-toi un peu, arrête de faire dans la métaphore hyperbolique et va voir un bon psychanalyste. Tout finit toujours par s'arranger.

# Posté le mercredi 30 juillet 2008 01:48

Modifié le mercredi 13 août 2008 08:59

"Ces gens qui ne comprenaient pas"

"Ces gens qui ne comprenaient pas"
"Il les entendait l'injurier à propos de ses gros appointements, le traiter de fainéant et de ventru, de sale cochon qui se foutait des indigestions de bonnes choses, quand l'ouvrier crevait de faim. Les femmes avaient aperçu la cuisine, et c'était une tempête d'imprécations contre le faisan qui rôtissait, contre les sauces dont l'odeur grasse ravageait leurs estomacs vides. Ah ! ces salauds de bourgeois, on leur en collerait du champagne et des truffes, pour se faire péter les tripes.
- Du pain ! du pain ! du pain !
- Imbéciles ! répéta M. Hennebeau, est-ce que je suis heureux ?
Une colère le soulevait contre ce gens qui ne comprenaient pas. Il leur en aurait fait cadeau volontiers, de ses gros appointements, pour avoir, comme eux, le cuir dur, l'accouplement facile et sans regret. Que ne pouvait-il les faire asseoir à sa table, les empâter de son faisan, tandis qu'il s'en irait forniquer derrière les haies, culbuter des filles, en se moquant de ceux qui les avaient culbutées avant lui ! Il aurait tout donné, son éducation, son bien-être, son luxe, sa puissance de directeur, s'il avait pu être, une journée, le dernier des misérables qui lui obéissaient, libre de sa chair, assez goujat pour gifler sa femme et prendre du plaisir sur les voisines. Et il souhaitait aussi de crever la faim, d'avoir le ventre vide, l'estomac tordu de crampes ébranlant le cerveau d'un vertige : peut-être cela aurait-il tué l'éternelle douleur. Ah ! vivre en brute, ne rien posséder à soi, battre les blés avec la herscheuse la plus laide, la plus sale, et être capable de s'en contenter !
- Du pain ! du pain ! du pain !
Alors, il se fâcha, il cria furieusement dans le vacarme :
- Du pain ! est-ce que ça suffit, imbéciles ?
Il mangeait, lui, et il n'en râlait pas moins de souffrance. Son ménage ravagé, sa vie entière endolorie, lui remontaient à la gorge, en un hoquet de mort. Tout n'allait pas pour le mieux parce qu'on avait du pain. Quel était l'idiot qui mettait le bonheur de ce monde dans le partage de la richesse ? Ces songe-creux de révolutionnaires pouvaient bien démolir la société et en rebâtir une autre, ils n'ajouteraient pas une joie à l'humanité, ils ne lui retireraient pas une peine, en coupant à chacun sa tartine. Même ils élargiraient le malheur de la terre, ils feraient un jour hurler jusqu'aux chiens de désespoir, lorsqu'ils les auraient sortis de la tranquille satisfaction des instincts, pour les hausser à la souffrance inassouvie des passions. Non, le seul bien était de ne pas être, et si l'on était, d'être l'arbre, d'être la pierre, moins encore, le grain de sable, qui ne peut saigner sous le talon des passants.
Et, dans son exaspération de son tourment, des larmes gonflèrent les yeux de M. Hennebeau, crevèrent en gouttes brûlantes le long de ses joues. Le crépuscule noyait la route, lorsque des pierres commencèrent à cribler la façade de l'hôtel. Sans colère maintenant contre ces affamés, enragé seulement par la plaie cuisante de son coeur, il continuait à bégayer au milieu de ses larmes :
- Les imbéciles ! les imbéciles !
Mais le cri du ventre domina, un hurlement souffla en tempête, balayant tout :
- Du pain ! du pain ! du pain !"

# Posté le mardi 29 juillet 2008 16:55

Modifié le dimanche 03 août 2008 06:10

"Moi, j'aime qu'on soit calme"

"Moi, j'aime qu'on soit calme"
Comme le récent échec que j'ai du essuyer en ratant mon permis (dépassement du 90 km/h sur la rocade) m'a sévèrement mise en rogne, j'ai entrepris de me rebaffrer Germinal, la lecture de Zola présentant d'efficaces qualités curatives lorsqu'il s'agit de remettre à une place raisonnablement basse le cul d'une gamine pourrie gâtée dans mon genre - je cite : "Quand on est mort, [...] on n'a plus faim".

Vous commencez déjà à ne rien comprendre, ô chers lecteurs mignons ? Normal ! Mais sachez que la somme des considérations réjouissantes émises par les personnages de ce bouquin palpitant permet à tout un(e) chacun(e) de refaire le point sur sa vie de merde d'un oeil plus que critique et de relativiser les soit disant ineffâââbles souffrances qui nous tourmentent l'âme et le corps avec une pingrerie qu'on découvre de ligne en ligne grâce à un effet de contraste saisissant - je re-cite pour vous donner un aperçu de la situation : "cette veine était si mince, épaisse à peine en cet endroit de cinquante centimètres, qu'ils se trouvaient là comme aplatis entre le toit et le mur, se traînant des genoux et des coudes, ne pouvant se retourner sans se meurtrir les épaules. Ils devaient, pour attaquer la houille, rester couchés sur le flan, le cou tordu, les bras levés et brandissant de biais la rivelaine" ; le genre de paragraphe qu'il est bon de ressasser à loisir après avoir pesté contre la malheureuse demi douzaine d'étages qu'on doit grimper une fois par jour.

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ? Votre expression faciale actuelle ressemble grosso modo à des smileys dans ce genre : -__- :') O_o ? C'est votre droit le plus inaliénable ; "non sunt composita verba mea : parvi id facio." (1). En dernier recours, référez-vous à la règle d'or du blog sur lequel vous perdez votre temps à me lire en ce moment-même (2).

Bref, le problème de Zola, évidemment, c'est qu'il pond à la minute une telle quantité de phrases cultes, de celles qui paraissent intéressantes à retenir pour une éventuelle future dissertation d'Histoire à celles qui illustrent une technique littéraire récurrente, en passant par l'énorme masse des citations qu'on note dans sa petite caboche pour son plaisir personnel, d'autres pouvant également servir de couperet guillotinal lors d'un débat politique enflammé - bref - une telle quantité de phrases cultes, DONC - vais-je réussir à finir ce laïus de huit km de longs ? - qu'on ne peut s'attaquer au livre qu'un crayon à la main, ce qui implique dès lors de ne pas oublier ledit crayon lorsqu'on emmène le bouquin quelque part, crayon qu'on finit fatalement par utiliser comme marque page et qui ne cesse de glisser sournoisement du livre, faisant perdre ses marques au lecteur excédé, j'ai cité moi. Bref, moult petits inconvénients techniques, vous le voyez, accompagnent mon entreprise.

Ultime avantage de Zola cependant (rendons à X ce qui est à X), il ne cesse de parler bouffe ce qui me rend gentiment boulimique et devrait me permettre d'étoffer un peu mon poids d'été d'ici quelques jours, à condition du moins que mon organisme daigne se rendre compte rapidement qu'il est plus souvent nourri que d'habitude et doit donc produire de la graisse en conséquence, ce qui lui arrive rarement.

Conclusion : bonne lecture !

1 - Sans doute mon discours n'est-il pas joliment tourné : j'en fais peu de cas (Caius Marius, 157 - 86, traduction très personnelle)
2 - à savoir le mien

# Posté le jeudi 24 juillet 2008 09:32

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 15:27

Memo

Memo
Permis demain
Paris dans une semaine
Rentrée dans un mois

D***, t'es passé où ?

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 14:20

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 09:58

"On ira où tu voudras quand tu voudras" (8)

"On ira où tu voudras quand tu voudras" (8)
J'ai décidé de jouer la bissexuelle qui s'assume sur Facebook, j'y déclare aimer à égale mesure les représentants des deux sexes et être "en union libre" - je cite -, c'est moyennement malin comme blague, sans compter qu'il y a des gens qui me connaissent dans mes contacts - logique me direz-vous -, et notamment quelques exs qui doivent se poser des questions certes peu existentielles.

Comme tout ça semble définitivement confiner à la mythomanie, - et quoique mes performances dans le domaine du mensonge éhonté frisent le zéro absolu - j'en appelle à votre finesse d'interprétation, et vous met en garde contre l'ironiiiiiiiiiiie qui règne en maître dans ce blog pourritasse (pour plus d'info, se référer à Voltaire, Flaubert et toute la clique, vous connaissez la sortie).

BREF, virage à 90° si vs le permettez chers lecteurs, j'ai découvert aujourd'hui l'intérêt de se saper de manière potable avant d'agiter sur l'asphalte ses petits mollets vigoureux en direction de l'ECF Vasseur de L*** (école de conduite pour les non initiés), certaines surprises attendant sournoisement l'élève lambda à l'arrivée - ladite surprise, en l'occurence, - mea maxima culpa pour la phrase à rallonge - ayant pris la forme in(atten)due d'un moniteur sublimissime. Quelques tuyau rapidos avant d'expliciter la chose : éviter de mettre un survêt crasseux et des tennis hérités de son arrière grand-mère, se peigner, se coiffer, invoquer le dieu Déodorant, bref, tenter de ressembler à quelque chose autant que faire se peut sans talons aiguilles (lesquels sont prohibés durant la conduite, dur dur pour une naine comme moi mais passons).

Voici en quelques lignes ce qui m'est arrivé et que je ne vous souhaite pas qu'il vous arrive un jour :

- C'est toi Bernier ?
- Euh... Non, moi c'est G***
- Ah, ok (fume sa clope, bois son café)
- Euh... C'est pas avec moi que vous avez rdv alors ?
- Si si, c'était un truc en "é" (le truc en é - moi donc - opine du chef et reste plantée lààààààà les lois ne font plus les hommes mais quelques hommes font la loi (8))
(glouglou ; inspiration/expiration)

(Arrive l'incarnation de l'idéal féminin, brune, les épaules fines et dorées comme des speculoses, longue, élastique, les seins énormes, drapée de soie aux tons pastels, sexy et trop classe en même temps, sibylline, collègue du type de toute évidence puisqu'elle bosse itou au même endroit, pardonnez la redondance)

- Salut ça va ?
- Salut / Bonjour (pour moi le bonjour ; je réponds : bonjour) Je reviens d'un mariage (purée, l'ignoble personnage, elle revient d'un mariage en plus, trop romanesque, trop la classe, Zeus, foudroyez-moi illico, ou à défaut, foudroyez au moins mon pantalon tout mochissime)
- Ah, un mariage, tu t'es pas changée depuis ? (ça c'est le type qui essaie de faire de l'humour)
- Tu rigoles ? (hahaha) C'est une robe décontractée ça, j'étais mieux sapée quand même (ah-bon-vous-m'en-direz-tant)

(La fille disparait dans son bureau ; merci Zeus)

[on démarre]

- Tout droit ?
- Ouais

[...]

- Tout droit ?
- Ouais

[...]

- Euh... je vais tout droit là ?
- Bah, regarde les panneaux
(sens interdit)
- Ok, je vais à droite

[...]

- C'est éliminatoire de demander la direction alors qu'il y a un panneau de sens interdit ?
- Bah non, mais...
- ... ça la fout mal
- Voilà

[...]

- Et sinon faut faire quoi pour devenir moniteur d'auto-école ?
- Sept années de philo
- Hahaha (rire jaune -___-) Non mais j'imagine qu'il y a une épreuve pratique. On vous fait faire une étape du Paris-Dakar ?
- Hahaha (rire jaunâtre) Non non ; mais j'aurais bien aimé
- Ouais, c'est cool. Polluer les villages, écraser des vaches et des enfants (genre je pouvais pas fermer ma gueule)
- Bah... (interloqué) suffit de savoir conduire.
(Si tu le dis mon tout beau)

[séquence géographie parisienne, je vous l'épargne]

- Faut aimer conduire pour faire ce boulot non ?
- Ben... Là, faut surtout aimer se faire conduire
- Je te passe le volant quand tu veux
- Non, c'est pas bien, t'apprends pas si c'est moi qui conduit
(Pédagogue de m***)

etc....

En vrac et sans transition, phrases qui me sont passées par la tête et qui ont eu la bonne idée d'y rester :
- T'es trop mignon de profil, tu ressembles à Brad Pitt
- On s'arrête, là ? On va prendre un verre... ?!
- Ah, cool ! Carcassone à 93 km ! Il reste 1/2 h, ça laisse largement le temps d'aller visiter les ruines, de s'allonger dans l'herbe, de compter les étoiles, de faire l'amour dans un hôtel hors de prix (à tes frais bien sûr). Ca te tente ?
- Je te laisse mon numéro, hein, on sait jamais

etc... (bis)

Je brise là certes un peu brutalement, dîner d'affaire oblige

# Posté le samedi 19 juillet 2008 13:55

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 10:23