Je suis méchamment fan du sourire de cette nana

Je suis amoureuse d'une terre sauvage
Un sorcier vaudou m'a peint le visage
Son gri-gri me suit au son des tam-tams
Parfum de magie sur ma peau blanche de femme

Africa
J'ai envie de danser comme toi
De m'offrir à ta loi
Africa
De bouger à me faire mal de toi
Et d'obéir à ta voix
Africa

Je danse pieds nus sous un soleil rouge
Les dieux à genoux ont le c½ur qui bouge
Le feu de mon corps devient un rebelle
Le cri des gourous a déchiré le ciel

Refrain

Dangereuse et sensuelle, sous ta pluie sucrée
Panthère ou gazelle je me suis couchée
Au creux de tes griffes je suis revenue
A l'ombre des cases je ferai ma tribu

Africa
J'ai envie de danser comme toi
Et d'obéir à ta loi
Africa, Africa

Je suis amoureuse d'une terre sauvage
Un sorcier vaudou m'a peint le visage
Son gri-gri me suit au son des tambours
Parfum de folie, magie de l'amour

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 20:40

Démon, sors de ce corps

Démon, sors de ce corps
Y a des jours comme ça, j'ai les nerfs à fleur de peau, l'insulte facile et des fourmis dans les mâchoires, limite envie de mordre le premier quidam qui croisera mon chemin. Quand ça m'arrive, je ne râle pas après les aléas de ma vie de merde, je ne me morfonds pas sur une épaule amie au sujet d'un récent naufrage amoureux, j'évite d'évoquer l'état de mon hamster en phase terminale de rhume des foins, en gros je n'ai pas l'affront de rendre un quelconque contexte troublé responsable de mon état ; bref, quand ça m'arrive, je cède juste à un monstrueux cliché et je constate que j'ai mes règles.

Que mes lecteurs de sexe mâle s'abstiennent de rigoler en douce, je leur rappelle qu'ils ne connaissent rien à la joie d'éponger les marécages sanglants en pleine nuit ni aux reconstitutions de meurtre à la machette dans la cuvette de leurs cabinets. Over, j'abrège l'entracte gore.

Pour tout vous dire, je trouve ça tellement peu folichon d'avoir mes règles que quand ces s*** débarquent, j'ai tendance à m'imaginer des sacrifices atroces à l'intérieur de mon ventre, un sabbat de sorcières en délire qui étripent à tout va moult représentants du peuple de l'air, lesquels protestent à grands coups de bec dans mes boyaux, et ce mens(tr)uellement avec une absence de compassion qui confine au sadisme.

Sur ce bonne nuit, je vais prendre un Aspegic afin de rendre cette histoire véridique

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 20:31

Déglutition

Déglutition
J'ai vu deux films d'horreur treshorrifiques hier soir : The Descent (La descente) et Amityville (Amityville). J'en ai encore l'estomac tout retourné et au bord des lèvres, c'est vous dire le nombre de sauts périlleux que ce malheureux organe a du effectuer, tout rempli de pizza qu'il fût. J'ai enchaîné avec un épisode de Sex and the city, un policier (Colatéral) où Tom Cruise possède une barbe grise et des cheveux poivre et sel - cherchez l'erreur de casting -, etttttttttttttttttt un chapitre de Pennac ; je vous raconte pas l'état de mes rétines après cette longue épreuve qui dura toute la nuit.

Profitons de l'apathie qui est la mienne après ces nombreuses heures de veilles à peine récupérées pour examiner ces appétissantes recettes :

LA SICILIENNE : lardons, oignons, champignons, tomates, fromage rapé
LA FLORENTINE : épinards, crême fraîche, oeuf, fromage rapé, chèvre

Chers lecteurs, je sais que vous bavez, n'essayez pas de mentir. Moi-même je salive abondamment et tente d'endiguer le flot gluant qui coule le long de mon menton, délicate manoeuvre.

Bonne nuit, je fatigue.

# Posté le lundi 14 juillet 2008 17:26

Modifié le mardi 15 juillet 2008 19:31

Rencontre fortuite d'une chatte et d'une cigarette sur un gazon fraîchement tondu

Rencontre fortuite d'une chatte et d'une cigarette sur un gazon fraîchement tondu
Un balcon, un soir

LE TYPE (un béret sur le crâne) : ...
LE POT DE FLEUR (sans fleur, rempli de terre et de cendres) : ...
LE TYPE : ... (fume)
LE POT DE FLEUR : Pas très causant ce soir
LE TYPE : ... (éteint sa clope)
LE POT DE FLEUR : Y a du soleil et des nanas (chante)
LE TYPE : ... (roule une deuxième clope)
LE POT DE FLEUR : Je m'emmerde, là
LE TYPE : Je t'emmerde
LE POT DE FLEUR (ton faussement affecté) : Parlez-moi de votre mère.
LE TYPE : ...
LE POT DE FLEUR : ...
LE TYPE : J'ai un problème avec ces clopes. Je les roule mal ; trop effilées au bout, trop épaisses au milieu. Ca ne ressemble à rien ; il n'y a que le filtre qui tient la route. C'est ma grande réussite, ça, l'enrobage du filtre bien serré. Qu'est-ce que tu en penses ?
LE POT DE FLEUR : Ce que j'en pense ? Nickel chrome, rien à redire. Ta cigarette correspond à l'idée platonicienne de la cigarette.
LE TYPE : C'est gentil, ça. (allume sa clope) Puff puff ; je - puff - j'aime beaucoup. Les cigarettes. Pas trop tassées. Ca me fait tourner la tête, le tabac trop tassé. J'aime les cigarettes légères. J'aime les filles légères aussi.
LE POT DE FLEUR : Amen
LE TYPE : Quid ?
LE POT DE FLEUR : Ibant obscuri, sola sub nocte
UN CHAT LATINISTE : Traduction inédite de Cat&Co : Ils allaient obscurs, dans la nuit solitaire.
LE POT DE FLEUR : C'est une hypallage
LE CHAT : C'est une précision...
LE POT DE FLEUR : ...non négligeable
LE TYPE : Ca ne répond pas à ma question.
LE POT DE FLEUR : J'ai dit : amène-toi ; je parlais au chat.
LE CHAT : Il a dit : amen ; il parlait du mégot ; la cigarette platonique tombée en cendres dans la tourmente du devenir.
LE POT DE FLEUR : C'est une interprétation intéressante ; je n'avais pas vu ça comme ça.
LE CHAT : La votre valait la mienne, cher confrère.
LE POT DE FLEUR : Belle métaphore en tout cas.
LE CHAT : La métaphore de la vanité du monde. Poussière, tu reviendras à la poussière. Picole et baise des filles en attendant. (ayant repéré une minette ozyeuver) A propos, je vous laisse à vos déboires, y a d'la chatte.
LE POT DE FLEUR (sentencieux) : Honte sur toi

Le chat se lève, s'ébroue pour faire gonfler son pelage, saute lestement dans l'herbe du haut de la balustrade, se prend un coup de griffes dans le museau, rapplique, s'établit sur les genoux du type, s'y love, ronronne.

LE POT DE FLEUR : Quel bel animal
LE CHAT : Rrrrrrrrrrrrrrr
LE TYPE : J'ai peur, j'ai terriblement peur. Je crains de fuir sans rien résoudre, je crains une dissolution imminente de mon moi dans l'éther froid et impavide de l'univers blafard. Nul corps ici pour réchauffer mon corps, nulle voix pour réchauffer mon âme. Je suis sur le balcon et Juliette est absente. Il y a un pot de fleur pour me tenir compagnie et me servir de cendrier, un chat qui ronronne sur mes genoux, mais Julie est absente. Voilà, quelle tristesse, la douleur m'abandonne. J'ai pensé à tant de choses horribles que je n'ai plus de pouvoir sur mon coeur, il s'entoure de gardes armés de pertuisanes, d'arbalétriers dont les boucliers rutilants prennent racines dans ma chair. J'ai fait fuir tous mes amis. J'ai embrassé ma solitude comme une amante lasse. Me voilà perclus d'indifférence, de nonchalance.
LE CHAT : ... (baille)
LE POT DE FLEUR : Quelle haleine dégoûtante, ce chat...
LE TYPE : (jette sa clope d'une pichenette à travers les barreaux) On m'a demandé souvent en quoi consistait l'amour ; j'ai répondu qu'on ne pouvait pas décrire quelque chose qui n'existe pas. Et maintenant que j'abandonne enfin toute recherche, il se passe une chose étrange. Mes sens - mon ouïe, ma vue, mon toucher - deviennent moins aiguisés. Ce chat, par exemple : je le vois, je le touche, mais cette perception est - sèche. Et étriquée.
LE CHAT : Miaou
LE POT DE FLEUR : Tu plagies Bergman mon grand.
LE TYPE : Moi ou le chat ?
LE POT DE FLEUR : Devine.
LE TYPE : Je suis malheureux.

Et caetera, et caetera...

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 16:38

Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:08

Du résultat des stridulations d'une cigalette insomniaque :')

Du résultat des stridulations d'une cigalette insomniaque :')
Ô ma nocturne amante
J'ai noirci mes fesses nues en essuyant la cendre dispersée de nos ébats fugaces
Ô ma nocturne amante, j'ai barbouillé mon petit cul maniable et excitant avec la cendre froide de nos ébats clandestins, volés au point du jour, ô mon amant nocturne
Ô la cendre de nos ébats, ô mon petit amant

A moitié dévoré, je t'ai rangé dans la boîte des amours passagères, celle qu'on ouvre quand on le veut, mon tout petit amant.

J'ai nourri - émouvante caresse - les bébés moustiques qui venaient téter ma peau lorsqu'ensemble on baguenaudait sur le balcon, on écoutait en silence, on voyait à l'est flageoler scintillantes les premières lueurs de l'aube, le ciel moutonneux et luminescent, très sombre encore, c'était le milieu de la nuit, oui, trois heures trente, plutôt la lumière des réverbères alors, leur reflet sur les nuages, plutôt ça que l'aube, comme un rougeoiement crépusculaire, comme ton oeil qui s'allumait parfois au rythme de mon souffle, je t'ai goûté comme un bonbon, nuitamment, j'ai goûté ton haleine.

J'ai goûté ton haleine et j'avais tes mains sur mes hanches, ô les mains froides de la nuit, et tu m'embaumais dans ton parfum, j'ai encore ton odeur sur mes doigts, ma ténébreuse amante.

Souviens-t'en juste un peu.

Le son des jets d'eau, un froissement sur l'herbe large. Roues d'une voiture contre le gravier sec. Un chat en forme d'ombre blanche ; bruyant et pataud dans cette immobilité frissonnante. La silhouette de la balustrade. L'air juste un peu trop froid. Un frôlement des mains. Ton souffle encore, brumeux. Nos baisers tièdes. Ne me quitte pas.

Et j'ai pensé, oui - oui c'est vrai -, j'ai pensé, après tout aussi bien lui qu'un autre ; aussi bien toi qu'une autre ô mon amante au doigt gracile. Tu m'as fait découvrir dans ta respiration paisible un éther peuplé de fantasmes. J'ai vogué dans mes maux, rencontré au détour de tes méandres en volutes la chimère à tentacules. Il y avait dans son oeil un charbon écarlate et sur chacun des tentacules, ô sur chaque tentacule, de la peau en forme d'amour, des lambeaux de volupté, ô jolie chimère aux cils taillés en biseau, partout des lits chauds, des chairs palpitantes de sang rouge, un ciel superbe au creux des draps et plus loin, ô plus loin, un sein unique, plus gros et flasque que les miens, tendrement endormi, fondant et fuyant comme de la barbe à papa.

Souviens-toi de cette nuit, ma belle, ma terrifiante amante, et dévore-moi maintenant - car tu me tues, c'est vrai, mais tu me fais du bien

(dans l'ordre d'apparition, merci à ceux sans qui ceci... : N***, Brel, Joyce, Dalida, Duras)

# Posté le dimanche 06 juillet 2008 01:25

Modifié le dimanche 06 juillet 2008 02:44